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Texte à méditer :   Tout cela n'est rien comparé à ce que je vois dans ma tête !   M.C Escher

Les 3 dernières histoires

Les meurtres du poulailler de Wineville - le 31.01.2021 » 18:37 par   Chantal_Belgique



Nous sommes en 1926. Natif de Saskatoon au Canada, Gordon Northcott s'installe à Los Angeles en Californie avec ses parents. Son père travaillant dans la construction l'aide à construire sa maison sur un terrain acquis à Wineville.
A deux, ils bâtissent également un ranch pour l'élevage de la volaille, principale source de revenus pour Gordon. Il décide de faire appel à son neveu Sanford Clarck, 13 ans, pour l'aider dans les travaux. Il se rend alors à Saskatoon et convint sa soeur et son beau-frère de lui laisser Sanford.


En août 1928, la soeur ainée de Sanford, Jessica Clark, de plus en plus intriguée par le ton des lettres que son frère envoie à la famille, décide de lui rendre visite. Et ce que Sanford lui raconte dépasse tout entendement. De retour au Canada, épeurés par ce que son frère lui a raconté sur les violences et les meurtres qui se passent à Wineville, elle donne l'alerte au Consul Américain. Ce sont alors les services de l'immigration qui prennent le relais sur le territoire américain.


Et de fait, Gordon Northcott ne fait pas qu'élever des volailles dans son ranch. Il enlève, abuse et maltraite de jeunes adolescents. Personne ne sait combien d'enfants exactement ont subi la maltraitance de Northcott mais Sanford en fait partie ainsi que 3 autres garçons.
Sanford est littéralement pris en otage par son oncle et même lorsque sa soeur vient lui rendre visite, il ne s'enfuit pas avec elle par peur des représailles. Battu et abusé, il est en plus témoin des crimes de son oncle qui va même aller jusqu'à le forcer à participer sous l'influence de Sarah Louise, la mère de Northcott.

  



Le 31 août 1928, des inspecteurs se rendent au ranch. En les voyant arriver, Gordon Northcott donne l'ordre à Sanford de les distraire le plus longtemps possible, le menaçant de le tuer à la carabine depuis un arbre du jardin si la situation dégénérait. Sanford se laisse donc arrêter et mettre en garde à vue. Pendant ce temps, Gordon et sa mère prennent la fuite. Ils gagnent le Canada.


Rassuré par la sécurité qu'offre la police, Sanford passe aux aveux le 14 septembre. Il déclare que Northcott a enlevé, molesté, battu et tué dans son poulailler les frères Lewis et Nelson Winslow 10 et 12 ans ainsi que Walter Collins 9 ans, avec l'aide de sa mère Sarah Louise Northcott. Il dit que Northcott l'a forcé à l'aider dans ses meurtres et que les dépouilles ont été dispersées dans le désert. Il ajoute que Northcott a également tué un jeune Mexicain, qui n'a jamais été identifié. Il l'aurait ensuite forcé à l'aider à faire disparaître la tête du petit mexicain qu'il avait décapité , d'abord en la brûlant puis en la fracassant en plusieurs morceaux à l'aide d'un poteau de clôture. Northcott a, plus tard, déclaré avoir laissé le reste du corps décapité sur le bord de la route près de La Puente, ville du Comté de Los Angeles.

  



Le témoignage de Sanford Clark indique également l'endroit où les corps des 3 enfants ont été enterrés, précisant que de la chaux avait été employée pour faire disparaître les restes. Les autorités découvrent effectivement des tombes peu profondes aux endroits indiqués. La police n'y trouve aucun corps complet mais découvre des effets personnels des trois enfants portés disparus, une hache tachée de sang et des fragments de corps, notamment des os, des cheveux et des doigts. Ce sont les circonstances de cette découverte qui donnent son nom de « meurtres du poulailler de Wineville » à l'affaire.


Les Northcott sont arrêtés près de Vancouver et extradés vers les États-Unis fin novembre 1928.
Le procès fait grand bruit, Northcott confesse 5 meurtres puis revient sur ses dépositions. Le juge lui, suspecte Gordon d'avoir fait plus d'une vingtaine de victimes mais par manque de preuves, il sera finalement condamné pour 3 d'entre eux, les frères Winslow et le petit latino non identifié. Sa mère, Sarah Louise Gordon confesse le meurtre de Walter Collins.
Le 13 février, au terme d'un procès de 27 jours, les sentences sont sans appel, la prison à perpétuité pour la mère et la peine de mort pour le fils. Gordon Northcott est pendu le 2 octobre 1930 à la prison d'État de San Quentin, à l'âge de 23 ans.


Quant à Sanford Wesley Clark, il est condamné à purger 5 années en maison de redressement à California State Reform School, à Whittier. Sa sentence est ramenée à 23 mois en raison de son bon comportement et de ses efforts de réhabilitation.
Sanford retourne à Saskatoon au Canada avec les encouragements de Kelley l'avocat général, qui l'a toujours soutenu durant le procès, à poursuivre sa vie de manière à prouver que la réhabilitation fonctionne et qu'il ne s'est pas trompé. Sanford s'efforcera de lui donner raison. Il sert durant la 2ème guerre mondiale, puis se marrie, adopte et élève 2 garçons, s'investit dans de multiples causes, travaille à la poste canadienne durant 28 ans et meurt en 1991 à 78 ans.


En raison de la mauvaise publicité due à ce sanglant fait divers, les citoyens de Wineville ont décidé de changer le nom de la ville. Et le 1er novembre 1930, Wineville est devenu Mira Loma, « la vue depuis la colline » en espagnol. Ce changement de nom a aidé la ville à se dissocier des actes horribles commis dans cette ferme avicole.

  


Histoire dans l'histoire : L'affaire Walter Collins



10 mars 1928. Christine Collins, qui élève seule son fils Walter, âgé de 9 ans n'a d'autre choix que de le laisser seul à la maison lorsqu'elle se rend son poste de travail de la Compagnie de Téléphone de Los Angeles. Le soir, à son retour, Walter est introuvable. C'est anormal. Elle fait alors le tour du quartier se renseigne auprès des voisins et des amis de son fils, mais personne n'a vu Walter. Christine contacte alors la police en insistant que Walter n'est pas le genre d'enfant à fuguer. Dès le lendemain Walter est porté disparu, mais sans aucun indice l'enquête piétine.


Août 1928. Christine est contactée par la police, un petit garçon a été retrouvé dans l'Illinois et clame être Walter Collins. La police organise les retrouvailles et contacte la presse. Christine attend sur le quai de la gare et lorsque que le petit garçon descend du train il ne lui faut qu'une fraction de seconde pour qu'elle se rende compte que ce n'est pas son fils. A l'écart de la presse Christine signale au chef de police que l'enfant n'est pas son fils. Pour éviter tout scandale Christine n'a pas d'autre choix que de repartir avec le petit garçon même s'il ne semble pas reconnaître sa propre mère.
Christine se rend alors chez le dentiste de la famille. Et le dentiste est formel cet enfant n'est pas Walter Collins. Christine se rend une nouvelle fois au poste de police et fourni à l'inspecteur Jones les dossiers dentaires des deux garçons. Sans s'en soucier, celui-ci contacte l'hôpital psychiatrique et fait interner Christine pour « comportement dangereux envers elle-même ». Sans jamais douter d'elle-même, Christine continue de clamer que l'enfant qu'on lui a amené n'est pas son fils. Pour elle, son séjour en hôpital psychiatrique n'est ni plus ni moins un séjour de détention pour la faire taire.
Alors que Christine est toujours internée, l'enfant finit par révéler qu'il s'appelle Arthur Hutchins (Billy Fields). Il dit avoir profité d'une certaine ressemblance avec l'enfant disparu pour se faire passer pour Walter Collins et ainsi se rendre en Californie pour rencontrer ses stars préférées !
Christine Collins est finalement libérée. Dès sa sortie, Elle poursuit l'inspecteur Jones en justice immédiatement. Cette affaire de corruption crée un scandale retentissant, contraignant à la démission le capitaine J. J. Jones, ainsi que le chef du Los Angeles Police Department James E. Davis.


Christine Collins continue ses recherches désespérément. En effet, le corps de Walter n'est pas retrouvé et seuls les témoignages de Sanford Clarck, le neveu de Gordon et de Sarah Louise Northcott, sa mère vont dans le sens de la mort de Walter. Christine Collins est confrontée à deux reprises à Gordon Northcott pour tenter de savoir s'il a tué son fils. Il est incapable de dire quoi que ce soit de sensé à chaque rencontre. Pour autant, les aveux de Sarah Louise Northcott corroborent les découvertes de restes humains faites par la police.
Mais voilà, en raison de l'absence d'aveu de Gordon Northcott, Christine Collins gardera l'espoir de retrouver son fils soit vivant. Elle continuera de le chercher toute sa vie, en vain. Elle meurt le 8 décembre 1964 à Los Angeles, à l’âge de 75 ans.

  


Que faut-il en penser... à vous de juger !

  



Le film « L'Échange » de Clint Eastwood, sorti en 2008, relate partiellement ces événements.


L'affaire de la rue des Marmousets - le 10.01.2021 » 09:47 par   Chantal_Belgique



Paris 1384. Nous sommes au niveau de deux boutiques, tenues l'une par un barbier et l'autre par un pâtissier, à l'angle de la rue des Marmousets et de la rue des Deux-Hermites à Paris (deux voies urbaines supprimées en 1866 avec la construction de l'Hôtel-Dieu). Le curieux qui voudrait aujourd'hui ressentir un léger et délicieux frisson de terreur le parcourir en se rappelant les terribles faits pourra, après avoir lu cette histoire, se rendre à l'intersection des actuelles rue Chanoinesse et rue de la Colombe pour espérer humer le parfum macabre de « l'affaire des pâtés sanguinaires ».


Dans sa boutique, le barbier recevait des clients rasés de si près qu'on ne les voyait plus jamais en ressortir par la porte. Et pour cause. Après avoir été proprement égorgés et dépouillés, ils passaient par une trappe conduisant directement à la cave du pâtissier qui les dépeçait, les débitait et les assaisonnait pour en farcir de délicieux pâtés en croûte si connus et appréciés dans la capitale que même le roi Charles VI s'en serait délecté. Les étudiants du chapitre de Notre-Dame constituaient une excellente « source d'approvisionnement » pour alimenter en ingrédients humains cette gastronomie de l'horreur.
Mais voilà, le chien de l'une des victimes finit par attirer l'attention. Ses aboiements intempestifs devant l'échoppe finirent par mettent la puce à l'oreille de la maréchaussée. En pénétrant chez le pâtissier, ils découvrent les deux complices à l'oeuvre... L'un était en train de dépecer un cadavre fraîchement égorgé pendant que l'autre s'employait à broyer et hacher la chair afin de confectionner la farce devant servir à la préparation des pâtés en croûte.
Pris en flagrant délit, les deux complices furent condamnés à mort et brûlés vifs dans des cages de fer en place de Grève.


Après l'exécution des deux criminels en 1837, leurs maisons furent détruites. Pendant un siècle, jusqu'en 1536, on pouvait trouver à la place une pyramide expiatoire. Des curieux se rendent encore au 20, rue Chanoinesse (anciennement rue des Marmousets) pour y découvrir les lieux du crime.


Cette affaire criminelle fut relayée par plusieurs historiens mais il n'existe pas de documents officiels relatifs à cette affaire
Seule une chronique publiée en 1612 par un prieur de Jacques du Breul (1528-1614), rapporte la rumeur d'actes monstrueux qui seraient survenus dans cette rue vers 1430 : « C'est de temps immémorial, que le bruit a couru qu'il y avait en la Cité de Paris, rue des Marmousets, un pâtissier meurtrier, lequel ayant occis en sa maison un homme, aidé à ce par un sien voisin Barbier, feignant raser la barbe : de la chair d'icelui faisait des pâtés qui se trouvaient meilleurs que les autres, d'autant que la chair de l'homme est plus délicate, à cause de la nourriture, que celle des autres animaux. Et que cela ayant été découvert, la Cour de Parlement ordonna qu'outre la punition du Pâtissier, sa maison soit rasée, et outre ce une pyramide ou colonne érigée audit lieu, en mémoire ignominieuse de ce détestable fait : de laquelle reste encore part et portion en ladite rue des Marmousets. »


Avec le temps, l'affaire de la rue des Marmousets aussi connue comme la légende du barbier et du pâtissier sanguinaires est devenue une légende.

  


Avec le temps, l'affaire de la rue des Marmousets
aussi connue comme « le barbier et le pâtissier sanguinaires » est devenue une légende.
Alors... A vous de juger !


L'auberge rouge de Peyrebeille - le 04.11.2020 » 08:06 par   Chantal_Belgique



Nous sommes en 1808. Pierre Martin et sa femme Marie font l'acquisition d'une ferme située à 1300 mètres d'altitude dans la commune de Peyrebeille en Ardèche. Profitant de l'emplacement stratégique de la ferme, Pierre Martin y adjoint une auberge construite en 1818. Cette bâtisse relativement isolée mais située au croisement de plusieurs routes commerciales devint rapidement un point de passage obligé avec arrêt pour bon nombre de voyageurs. Les affaires prospères des Martin en font un couple peu apprécié des paysans locaux. Propriétaire de plusieurs maisons à Peyrebeille, sa réussite suscite de nombreuses jalousies et nourrit bien des rancoeurs.

Nous sommes le 1er octobre 1833. Un grand nombre de personnes ont fait le déplacement pour voir ce couple, propriétaires d'une auberge, et leur domestique être guillotinés. En ce temps, les crimes étaient expiés à l'endroit même où ils avaient été commis. Cette ancienne ferme aurait été, raconte-t-on dans le pays, le théâtre pendant plus de 20 ans, d'une cinquantaine de meurtres et de nombreux vols, commis par les tenanciers Pierre et Marie Martin et leur employé Jean Rochette.
L'histoire veut qu'ils « assassinaient et détroussaient les voyageurs » qui s'arrêtaient dans l'établissement. Le trio aurait fait subir les pires tortures à ses victimes. Selon la légende, le domestique entrait en pleine nuit dans leur chambre armé d'un trident, les clouait sur leur lit, tandis que la femme Martin leur versait dans la bouche de l'huile bouillante ou du plomb fondu. Pendant ce temps, l'aubergiste, que la rumeur publique avait surnommé Lucifer, leur aplatissait le crâne à coup de maillet. Après avoir été dépouillés, les cadavres étaient brûlés dans un four installé au-dessus de la vaste cheminée, à droite, en entrant dans la cuisine. Puis, le domestique, un ancien lutteur forain, allait se débarrasser des restes des corps dans la nature. En tout, 53 personnes auraient été trucidées par le trio diabolique. Alors, ce 2 octobre 1833, tandis que le sang des accusés ruisselait au bas de l'échafaud, le pays tout entier avait la sensation d'être délivré de la terreur panique qui planait sur lui.




L'affaire
L'affaire criminelle débuta en 1831, lorsque le corps d'un voyageur, Antoine Enjolras, le crâne fracassé, fut découvert à quelques kilomètres de l'auberge.
En l'absence d'éléments concrets, la rumeur désigna les Martin comme responsables. Les époux Pierre et Marie furent arrêtés en même que leur domestique Jean Rochette.
L'enquête dura 2 ans. Et pendant tout ce temps les accusés ne cessèrent de proclamer leur innocence.
Mais la rumeur publique accabla les Martin. On prétendit que les aubergistes avaient assassiné de nombreux voyageurs afin de les détrousser puis abandonner leurs corps dans la campagne avoisinante. Il se dit aussi que les victimes avaient été brûlées. D'autres rumeurs parlèrent d'odeurs de sang nauséabondes ou de murs couverts de sang... Ces racontars étaient peu crédibles mais impressionnèrent grandement l'opinion publique. Par contre, on fit peu de cas des témoins bien vivants et qui s'étaient déclarés enchantés de leur séjour à l'auberge.


Le procès
Le procès des accusés se tint à Privas durant l'été 1833. Alors que le procès basculait en faveur des accusés par manque d'éléments concrets, un vagabond du nom de Laurent Chaze, connu pour son état d'ivresse habituel, déclara avoir été témoin du meurtre d'Enjolras. Ce témoignage unique scellera le sort des accusés.
Innocentés de tous les meurtres qui leur avait attribués, les accusés furent toutefois reconnus coupables de l'assassinat d'Antoine Enjolras et furent condamnés à mort.


Une erreur judiciaire ?
Tout d'abord, un contexte politique bien défavorable aux accusés. L'affaire de l'Auberge rouge doit être replacée dans son contexte historique. Aux insurrections des Canuts de Lyon en 1831, répondit celle des forêts royales en Ardèche. Le droit du ramassage du bois fut restreint pour les paysans au profit des scieries. Certaines furent incendiées et leurs bois coupés. Les « coupeurs de bois » opéraient de nuit dans un milieu qu'ils connaissaient parfaitement et n'avaient aucune peine à mettre la gendarmerie en déroute. Le préfet, inquiet, ordonna de faire revenir l'ordre. C'est dans ce contexte que le dossier des Martin avait été instruit.
Quant au procès des aubergistes, il eut pour fond un règlement de comptes politiques. Car nul n'ignorait l'appartenance du couple au clan des ultra-royalistes. Tous savaient que Marie Breysse avait caché un curé réfractaire, que Pierre Martin était un homme de main de la noblesse locale. On tenait pour sûr qu'il avait fait pression sur des propriétaires afin que ceux-ci cédassent leurs terres à bas prix aux nobles revenus d'exil. De plus, il était soupçonné de sympathiser avec les « coupeurs des bois ».
Or le contexte n'est pas favorable aux royalistes au début des années 1830, ce qui permit à l'affaire d'éclater et d'être sévèrement jugée. Depuis 1815, il existait des foyers de « résistants royalistes » en Ardèche que la justice cherchait à réprimer : le procès était l'occasion d'en éliminer certains car le contexte politique s'y prêtait. Louis-Philippe 1er, avec un rapport du procureur demandant la sévérité, n'accordera pas sa grâce au couple Martin satisfaisant ainsi et la justice partisane et les rancoeurs populaires.

Ensuite, la mauvaise réputation des tenanciers va de pair avec celle des auberges, considérées comme malfamées. Le caractère de Martin, montagnard dur et prêt à en découdre notamment pour récupérer son dû, prêche en sa défaveur. La jalousie à l'encontre de ses ex-fermiers devenus propriétaires d'un commerce prospère est un facteur à considérer. La mauvaise renommée des Martin est donc avérée : aucune plainte ne remonte auprès de la police avant l'enquête sur l'assassinat d'Enjolras, puis les langues se déchaînent après la disparition. Les témoins sont uniques et leurs propos frisent parfois le grotesque : les clients semblent davantage coucher dans le grenier à foin que dans les chambres, les meurtres ne sont pas discrets, pas plus que les transports nocturnes de cadavres.

Et aussi, les limites du fonctionnement d'une justice encore balbutiante au début du 19ème siècle sont mises à mal. Ainsi, les interrogatoires comportent peu de questions et les réponses sont brèves. L'occitan est un obstacle à la compréhension. Le greffier traduit en français les propos des témoins et inculpés tout en ajoutant des indications, même partiales, qu'ils trouvent nécessaires à la compréhension. Les déplacements sur les lieux du crime, malaisés, sont évités et des incohérences transparaissent des pièces judiciaires.


Optant pour la culpabilité ou l'innocence des Martin, ces publications permettront à chacun de se faire son opinion,
à défaut de connaître avec certitude la vérité.
Alors... A vous de juger !